Giallo Napoli
archives

Où suis-je ? Qui suis-je ? Que s’est-il passé ? J’ai l’étrange impression d’être piégé dans le rêve d’un autre, dans un voyage qui n’est pas le mien ; celui d’une course effrénée s’enchevêtrant ici et là dans les méandres de la foule, tantôt d’ici, tantôt d’ailleurs.

Je revêts le masque d’un personnage malade, fiévreux et atteint de folie. Ma température corporelle augmente progressivement tandis que la chaleur du soleil sur les murs et les pavés de Naples rend ma vision trouble et difficile. Ce que je saisis me semble étrangement familier, comme si j’avais moi-même été le témoin oculaire d’un désordre du monde, dans une autre vie.

La couleur jaune est partout, ses dérivés de teinte et ses négatifs colorimétriques aussi, retranchant des visions à d’autres et les annulant presque jusqu’à la disparition même de leur contexte. Je tente de comprendre quelles forces agissantes m’atteignent alors que mon regard ne cesse de se poser sur les symboles de mes propres vices.

Giallo Napoli est une recomposition d’images paranoïaques, obsessionnelles et fantasmées s’inspirant du cinéma de genre, et plus particulièrement du giallo italien. Je tente d’explorer les connexions secrètes entre le sacré et le profane, la tradition et la modernité, l’icône religieuse et l’objet de fétichisation.

Qui est cette femme au ruban blanc ? Que s’est-il passé dans cette rue, à la sortie de l’église, et puis sur le balcon, surmontant la scène de l’opéra ? A chaque détour du regard, j’ai le sentiment réjouissant que la ville que je traverse devient le théâtre constant et évolutif d’évènements mystérieux, érotiques et horrifiques ; comme si la noirceur du monde s’était transplantée à la quotidienneté, et qu’à chaque mouvement, chaque élan, une beauté secrète émanait de cette confrontation.

INDEX
1 2 3
4 5 6
7 8 9
10 11 12
13 14 15
16 17 18
19 20 21
22 23 24
25 26 27
Giallo Napoli
2024

Où suis-je ? Qui suis-je ? Que s’est-il passé ? J’ai l’étrange impression d’être piégé dans le rêve d’un autre, dans un voyage qui n’est pas le mien ; celui d’une course effrénée s’enchevêtrant ici et là dans les méandres de la foule, tantôt d’ici, tantôt d’ailleurs. Je revêts le masque d’un personnage malade, fiévreux et atteint de folie. Ma température corporelle augmente progressivement tandis que la chaleur du soleil sur les murs et les pavés de Naples rend ma vision trouble et difficile. Ce que je saisis me semble étrangement familier, comme si j’avais moi-même été le témoin oculaire d’un désordre du monde, dans une autre vie.

La couleur jaune est partout, ses dérivés de teinte et ses négatifs colorimétriques aussi, retranchant des visions à d’autres et les annulant presque jusqu’à la disparition même de leur contexte. Je tente de comprendre quelles forces agissantes m’atteignent alors que mon regard ne cesse de se poser sur les symboles de mes propres vices. Giallo Napoli est une recomposition d’images paranoïaques, obsessionnelles et fantasmées s’inspirant du cinéma de genre, et plus particulièrement du giallo italien. Je tente d’explorer les connexions secrètes entre le sacré et le profane, la tradition et la modernité, l’icône religieuse et l’objet de fétichisation.

Qui est cette femme au ruban blanc ? Que s’est-il passé dans cette rue, à la sortie de l’église, et puis sur le balcon, surmontant la scène de l’opéra ? A chaque détour du regard, j’ai le sentiment réjouissant que la ville que je traverse devient le théâtre constant et évolutif d’évènements mystérieux, érotiques et horrifiques ; comme si la noirceur du monde s’était transplantée à la quotidienneté, et qu’à chaque mouvement, chaque élan, une beauté secrète émanait de cette confrontation.

Giallo Napoli
/ 27
Thomas Causin