THOMAS CAUSIN



Né en 1993 à Nancy, Thomas Causin est un architecte et photographe français, travaillant à Genève. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg en 2018, son projet de diplôme s’intéresse aux devenirs potentiels des territoires agricoles au sud de Shanghai, questionnant plus largement la place des campagnes face au processus de métropolisation. Portant le regard sur un monde sans échelle, formé par la dérégulation, l’homogénéisation et le tout-métropole, sa pratique artistique se connecte, avant toute prise de vue, à l’immédiat politique. Entre géométrie néoréaliste et songerie fictionnelle, ses photographies s’approprient les traits de fin du monde que revêt l’apparente dislocation des corps, des espaces et des identités, afin d’en envisager une forme de réparation. Une réparation qui passe principalement par l’association d’images à la fois réminiscentes et naissantes, à partir de ce qui fait limite: entre ruralité et urbanité, campagne et métropole, nature et culture.

Toutes les photographies visibles sur ce site sont disponibles à la vente, sur demande. Les tirages sont édités en 8 exemplaires, numérotés et signés. N’hésitez pas à me contacter.


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Thomas Causin
Auteur photographe
+33 6 86 64 64 75
causinthomas@gmail.com
@thomascausin

Rives

2017 — 2020


Rives est un travail photographique qui a pour objet de documentation le paysage anthropisé en limite et aux frontières des mers, lacs et rivières. Les images composant la série ont été réalisées à partir de lieux géographiquement disjoints, entre la France, l’Irlande, la Suisse, le Portugal et Cuba. La série implique au moins deux degrés de lecture. Le premier ne consisterait simplement qu’à y lire des images produites virtuellement, comme produit de la déterritorialisation. Les lieux, typologies et objets n’y sont plus que les signes interchangeables d’une architecture terrestre : la Terre comme Architecture, mouvante, essentiellement globalisée, fabriquée et sans cesse transformée par l’Homme. Le deuxième est celui qui viendrait infléchir le premier dans une tentative de résistance par la conversion systématique des éléments constitutifs du paysage en typologies structurantes nouvelles, nouveaux repères topographiques d’un paysage en conflit. Là où, précisément, les vestiges d’une post-modernité aberrante côtoient déjà les espaces en marge de la représentation et de la représentativité. Tandis que la cité balnéaire se parfait dans l’imitation d’une nature retrouvée, la quête d’authenticité dans la naturalité s’associe volontiers à la marchandisation. L’un dans l’autre, dans ce grand décor globalisé, acteurs, joueurs, stars et autres teen surexposés se portent comme les figures de proue de sa représentation. Mais que reste-t-il lorsque tombent les masques, se vide la scène et que se brise, tout entière, la table du jeu ? Un paysage d’une douceur quasi-désertique, habité par des fantômes traversant toute l’image jusqu’à ses bords, et transformé peu à peu par des architectures diffractées au maximum. Que se cache-t-il au-delà de ces rochers et ces coteaux ? Derrière ces grandes haies vertes, le long du boulevard longeant la mer ? A travers les murs et les fenêtres de ces maisons et de ces abris ? Et sous le repli de ces vagues, n’entend-on pas toute la violence du monde ? Face à l’ouverture généralisée, à l’homogénéisation globale, au tout-métropole et à l’idée du progrès en effondrement, cette accumulation de cartes postales pirates questionne la répétition, l’itération et la variation de l’identité paysagère sous l’ère du numérique, et ce, dans des formes essentiellement descriptives. Par association ou confrontation, ces frontières entre terre et mer recomposent une géographie nouvelle : virtuelle mais profondément universelle, appropriable par tous.